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Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens

par Robert-Vincent Joule 2004 286 pages
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Points clés

1. Les décisions, même les plus anodines, nous "gèlent" dans nos actions.

Tout se passe, effectivement, comme si la décision – notamment lorsqu’elle est prise en situation de groupe – gelait le système des choix possibles en focalisant l’individu sur le comportement le plus directement relié à sa décision.

L'effet de gel. Les décisions, une fois prises, ont une tendance surprenante à persévérer, même face à des informations contradictoires. Ce phénomène, appelé "effet de gel" par Kurt Lewin, nous pousse à adhérer à nos choix initiaux, qu'ils soient rationnels ou non. Il explique pourquoi nous continuons sur une voie même si elle s'avère infructueuse, comme Madame O. qui assiste jusqu'au bout à un film "totalement débile" parce qu'elle a payé son billet.

Pièges quotidiens. Cette persévération est à l'origine de plusieurs "pièges de la décision" que nous rencontrons au quotidien. Ces pièges incluent :

  • L'escalade d'engagement : s'investir davantage dans un projet qui échoue (ex: la guerre du Viêt-nam, les décisions d'entreprise).
  • La dépense gâchée : continuer une activité coûteuse parce qu'on a déjà investi (ex: finir un film ennuyeux, un vin bouchonné).
  • Le piège abscons : persévérer dans une action dont le coût augmente sans garantie de succès (ex: attendre un bus indéfiniment, une psychanalyse sans fin).

Auto-manipulation. Ces phénomènes sont des formes d'auto-manipulation, où l'individu se piège lui-même. Ils montrent que notre rationalité est souvent limitée et que nous justifions nos décisions passées par de nouvelles actions, un processus appelé "rationalisation en acte". Pour les éviter, il est crucial de fixer des limites claires avant de s'engager et de savoir revenir sur ses décisions.

2. La manipulation exploite l'engagement, souvent sous une illusion de liberté.

Tout se passe, dans cette situation – pour le moins singulière – comme si l’individu faisait librement ce qu’il n’aurait jamais fait sans qu’on l’y ait habilement conduit et qu’il n’aurait d’ailleurs peut-être pas fait sous une contrainte manifeste.

Le lien acte-individu. L'engagement est le lien entre un individu et ses actes. Seuls les actes nous engagent, pas nos idées ou sentiments. Ce lien est d'autant plus fort que l'acte est :

  • Public
  • Irrévocable
  • Coûteux
  • Répété
  • Accomplie avec un sentiment de liberté (faibles pressions externes)

L'illusion de liberté. Paradoxalement, un fort sentiment de liberté, même illusoire, est un puissant moteur d'engagement. Les individus se soumettent plus volontiers à une demande s'ils ont l'impression d'avoir choisi librement, même si ce choix est en réalité contraint par des normes sociales ou des pressions subtiles. C'est la "soumission librement consentie".

Effets de l'engagement. L'engagement dans un acte, surtout s'il est non problématique (conforme à nos idées), rend cet acte et les attitudes associées plus résistants au changement. Il augmente également la probabilité d'émettre de nouvelles conduites allant dans le même sens. Si l'acte est problématique (contraire aux attitudes), il peut entraîner une modification des idées pour justifier l'acte.

3. L'amorçage : obtenir un "oui" initial en cachant les coûts réels.

La décision prise, le consommateur aura tendance à ne pas la remettre en question même lorsqu’il en connaîtra le coût effectif.

Le principe du low-ball. L'amorçage consiste à amener une personne à prendre une décision d'achat ou d'engagement en lui cachant certains inconvénients ou en faisant miroiter des avantages fictifs. Une fois la décision initiale prise, la personne aura tendance à la maintenir, même lorsque les informations complètes et moins favorables sont révélées. Madame O. achète un salon rose à 6999 dolmaces, sans la lampe promise, alors qu'elle aurait préféré un salon vert bronze moins cher.

Deux formes d'amorçage. Il existe deux variantes principales :

  • Avantages fictifs : Le manipulateur promet des bénéfices qui n'existent pas ou sont retirés au dernier moment (ex: la lampe offerte avec le salon, des crédits d'heures d'expérience).
  • Coûts cachés : Le manipulateur omet de mentionner les inconvénients ou les coûts réels de l'engagement jusqu'à ce que la décision initiale soit prise (ex: l'heure matinale d'une expérience, la distance pour aller chercher des cigarettes).

La responsabilité personnelle. L'efficacité de l'amorçage est maximale lorsque l'individu se sent personnellement responsable de sa décision initiale. Si la décision est perçue comme forcée, l'effet de persévération diminue. Cette technique est courante dans la vente (automobiles, voyages) et peut frôler la publicité mensongère ou l'escroquerie si le retour en arrière devient impossible.

4. Le pied-dans-la-porte : une petite requête ouvre la voie à une plus grande.

Le fait d’accepter de porter une jonquille pour appuyer une cause fonctionne comme un acte préparatoire suffisamment engageant pour affecter la probabilité d’effectuer ultérieurement un don au profit de la même cause.

La séquence gagnante. Le pied-dans-la-porte est une technique qui consiste à obtenir d'abord un comportement préparatoire peu coûteux et non problématique, réalisé dans un contexte de libre choix. Ce premier acte engageant rend ensuite plus probable l'acceptation d'une requête ultérieure, plus coûteuse, mais allant dans le même sens ou relevant de la même identification d'action.

Exemples concrets. Les applications sont nombreuses et variées :

  • Demande explicite : Signer une pétition (acte préparatoire) pour ensuite accepter d'accueillir une équipe d'enquêteurs ou distribuer des tracts (requête coûteuse).
  • Demande implicite : Garder le tour de quelqu'un à la caisse (acte préparatoire) pour ensuite aider spontanément une hôtesse à ramasser des prospectus (comportement attendu).
  • Collecte de fonds : Porter une jonquille en plastique (acte préparatoire) pour ensuite faire un don à une association caritative.

Optimisation de la technique. Pour maximiser l'efficacité du pied-dans-la-porte, il est recommandé que :

  • Le comportement préparatoire soit de faible à moyen coût.
  • Le délai entre les deux requêtes soit court (moins de 7-10 jours).
  • Les deux requêtes soient formulées par la même personne (bien que ce ne soit pas toujours indispensable).
  • L'acte préparatoire soit effectivement réalisé, ou au moins la décision de le réaliser soit prise.
  • Les deux comportements relèvent d'une même "identification d'action" (ex: entraide, militantisme).

5. La porte-au-nez : un refus démesuré rend une demande modeste acceptable.

L’analyse ci-dessus suggère que si nous commençons par demander à autrui une faveur extrême dont le refus est certain et si nous passons ensuite à une moindre requête, il pourrait bien ressentir une pression normative le conduisant à répondre à notre concession par une concession de sa part.

Le principe de la concession. Contrairement au pied-dans-la-porte, cette technique commence par une requête démesurée, que l'on sait d'avance être refusée. Ce refus initial est suivi immédiatement d'une seconde requête, beaucoup moins coûteuse, qui est en réalité l'objectif visé. Le contraste entre les deux demandes et le sentiment de "concession" de la part du solliciteur augmentent la probabilité d'acceptation de la seconde.

Conditions d'efficacité. Pour qu'une porte-au-nez soit efficace, plusieurs facteurs sont cruciaux :

  • La requête initiale doit être excessivement coûteuse et systématiquement refusée.
  • Les deux requêtes doivent être liées à la même cause ou au même projet.
  • Le délai entre les deux requêtes doit être le plus bref possible, idéalement au cours de la même interaction.
  • Les deux requêtes doivent être formulées par la même personne.
  • La communication doit être en face-à-face.

Un phénomène énigmatique. Bien que très efficace (triplant parfois le taux d'acceptation), la porte-au-nez reste un phénomène difficile à expliquer théoriquement. Les interprétations basées sur la norme de réciprocité (le solliciteur fait une concession, donc le sollicité doit en faire une) ou l'effet de contraste perceptif (la seconde requête semble plus raisonnable après la première) ne sont pas entièrement satisfaisantes.

6. Des techniques subtiles modifient le contexte pour faciliter l'acceptation.

L’effet du toucher est aujourd’hui démontré sur le plan évaluatif, motivationnel, relationnel et même physiologique.

Le toucher. Un contact physique bref et anodin (sur le bras, l'avant-bras) peut significativement augmenter l'acceptation d'une requête. Cet effet est troublant car il va à l'encontre des normes de distance interpersonnelle, mais il est prouvé dans diverses cultures. Le toucher crée une humeur positive, améliore les jugements et la perception de l'interlocuteur, rendant les gens plus enclins à coopérer.

Le pied-dans-la-bouche. Cette technique consiste à faire précéder une requête d'une formule de politesse comme "Comment allez-vous aujourd'hui ?". La réponse positive attendue ("Ça va bien, merci") crée un état psychologique où il est plus difficile de refuser une demande, surtout si elle est altruiste. L'instauration d'un dialogue et l'affirmation d'une bonne humeur rendent le refus plus inconfortable.

La crainte-puis-soulagement. Inspirée des techniques d'interrogatoire, cette méthode consiste à provoquer une peur intense chez l'individu, puis à la dissiper brusquement, créant un sentiment de soulagement. Dans cet état de soulagement, l'individu est beaucoup plus susceptible d'accepter une requête. Des études ont montré son efficacité pour obtenir des dons ou des services, comme aider une étudiante après avoir craint une amende.

7. L'étiquetage et l'affirmation de liberté renforcent la soumission.

Seules les personnes ayant fait l’objet d’un étiquetage prosocial furent plus nombreuses que celles du groupe contrôle à se montrer serviables.

L'étiquetage. Cette technique consiste à attribuer à une personne un trait de personnalité socialement désirable (ex: "vous êtes courageux", "vous êtes quelqu'un de bien") juste après qu'elle ait réalisé un acte préparatoire. Cet étiquetage aide l'individu à s'identifier à cette qualité, le rendant plus enclin à agir conformément à cette nouvelle image de soi. L'étiquetage est plus efficace s'il est spécifique à l'acte attendu.

Le "mais-vous-êtes-libre-de". Affirmer explicitement à une personne qu'elle est "libre d'accepter ou de refuser" une requête augmente considérablement son taux d'acceptation. Paradoxalement, cette déclaration de liberté, loin de donner le choix, renforce le sentiment d'autonomie et la responsabilité personnelle, rendant le refus plus difficile. Cette technique est simple à utiliser et très efficace, même à distance (ex: par e-mail).

Internalisation des normes. Ces techniques fonctionnent en favorisant l'internalisation des normes et des valeurs. L'individu ne se soumet pas par contrainte externe, mais parce qu'il perçoit son comportement comme émanant de sa propre nature ou de ses propres valeurs. Cela rend les comportements acquis plus stables et résistants au changement, car ils sont perçus comme des choix personnels.

8. Le "pied-dans-la-mémoire" utilise la dissonance pour changer le comportement.

C’est donc chez les étudiantes ayant dû, comme disent certains chercheurs, « prêcher pour inciter les autres à faire ce qu’elles-mêmes ne faisaient pas » que les résultats furent les plus nets.

Le principe. Le pied-dans-la-mémoire est une technique sophistiquée qui combine un acte préparatoire engageant (souvent un pied-dans-la-porte) avec une incitation à se souvenir de ses propres comportements passés qui contredisent l'engagement pris. Cette confrontation crée une dissonance cognitive, poussant l'individu à modifier son comportement futur pour le rendre cohérent avec son engagement et ses valeurs.

Mise en œuvre. La technique se déroule en deux étapes clés :

  • Acte préparatoire engageant : Obtenir un engagement public et libre en faveur d'une cause ou d'un comportement (ex: signer une charte pour économiser l'eau, promouvoir le respect du code de la route).
  • Rappel des incohérences : Inciter la personne à se remémorer ses propres manquements passés par rapport à cet engagement (ex: se souvenir des douches trop longues, des infractions au code de la route).

Changement comportemental. L'effet est puissant : les personnes soumises à cette technique réduisent significativement les comportements incohérents. Par exemple, des étudiantes qui ont signé une charte pour économiser l'eau et se sont remémoré leurs gaspillages passés ont pris des douches plus courtes. Madame O., après avoir défendu le code de la route et listé ses infractions, marque un stop qu'elle ignorait habituellement.

9. L'articulation de techniques démultiplie l'efficacité de la manipulation.

En somme, si un peu de manipulation c’est bien, beaucoup c’est souvent encore mieux.

Synergie des techniques. L'efficacité des stratégies de soumission librement consentie peut être considérablement augmentée en combinant plusieurs techniques. Plutôt que d'utiliser une seule méthode, les manipulateurs avisés articulent différentes approches pour créer un effet cumulatif, souvent appelé "effet boule de neige" ou "engrenage".

Exemples d'articulation. Des recherches ont montré l'efficacité de ces combinaisons :

  • Toucher + Pied-dans-la-porte : Un contact physique initial augmente la probabilité d'accepter un échantillon, puis d'acheter le produit.
  • Étiquetage + Pied-dans-la-porte : Attribuer une qualité positive après un petit service rend plus probable l'acceptation d'une requête plus coûteuse.
  • Double pied-dans-la-porte ou double porte-au-nez : Enchaîner deux requêtes préparatoires successives pour renforcer l'engagement.
  • Pied-dans-la-porte + Amorçage : Obtenir un premier engagement, puis révéler des coûts supplémentaires.

L'engrenage. Cette procédure consiste à obtenir plusieurs décisions successives dont les conséquences sont de plus en plus coûteuses. Par exemple, amener un fumeur à s'abstenir pendant 18 heures (via pied-dans-la-porte et amorçage), puis lui proposer une abstinence de 3 jours, puis de 7 jours. Chaque acceptation renforce l'engagement et la probabilité d'accepter la suivante, créant une dynamique de changement comportemental durable.

10. La manipulation est omniprésente, des relations personnelles aux sphères professionnelles.

Loin des campagnes officielles et des bonnes causes (sécurité routière, recherche médicale, aide aux personnes en détresse, etc.), c’est de telles manipulations au quotidien qu’il va être maintenant question.

Partout autour de nous. Les techniques de manipulation ne sont pas confinées aux laboratoires ou aux grandes campagnes. Elles foisonnent dans nos interactions quotidiennes, souvent de manière inconsciente ou "de bonne foi".

  • Relations intimes : Amis, famille, partenaires utilisent le pied-dans-la-porte (ex: "le dernier verre") ou l'amorçage (ex: "tu peux me rendre un service ?").
  • Commerce : Les stratégies de vente exploitent l'amorçage (prix cachés), le leurre (produit d'appel non disponible) et le pied-dans-la-porte (échantillons gratuits, essais).
  • Politique et militantisme : Les pétitions, les demandes de bénévolat, les campagnes d'information utilisent ces leviers pour mobiliser les citoyens.

Chefs et pédagogues. Dans les organisations, l'exercice du pouvoir peut être adouci par des pratiques managériales ou éducatives qui, sous couvert de démocratie ou de bienveillance, sont en réalité des formes de manipulation.

  • Management : Les décisions de groupe, la "démocratie industrielle" peuvent être des moyens d'obtenir l'adhésion à des décisions préétablies, créant un sentiment de liberté qui engage les employés.
  • Éducation : Les pédagogies "libérales" ou "non-directives" peuvent utiliser des menaces légères ou l'étiquetage pour amener les enfants à intérioriser les normes souhaitées, les faisant agir "librement" selon les attentes de l'adulte.

L'illusion de choix. Ces manipulations sont d'autant plus efficaces qu'elles donnent l'impression d'un choix libre et responsable. Elles permettent d'obtenir des comportements requis sans recourir à la contrainte explicite, ce qui est plus acceptable dans nos sociétés démocratiques.

11. Comprendre la manipulation est essentiel pour s'en défendre et agir consciemment.

La meilleure façon d’éviter d’être manipulé par un pied-dans-la-porte, par un amorçage, par une porte-au-nez, par un pied-dans-la-bouche… c’est encore de bien avoir en tête le principe de ces stratégies.

Se défendre activement. La connaissance des mécanismes de manipulation est la première ligne de défense. En comprenant comment ces techniques fonctionnent, on peut les identifier et éviter de tomber dans le piège. Les conseils clés pour se protéger sont :

  • Apprendre à revenir sur une décision : Ne pas se laisser enfermer par la cohérence.
  • Considérer les décisions comme indépendantes : Évaluer chaque nouvelle demande sur ses propres mérites, sans être influencé par des engagements passés.
  • Ne pas surestimer sa liberté : Analyser les pressions et les normes sociales qui peuvent influencer nos choix, même si nous nous sentons libres.

Une démocratie plus réelle. En dénonçant les perversions du sentiment de liberté, les auteurs militent pour une démocratie plus réelle et vivante. Une démocratie où les citoyens ne sont pas seulement "déclarés libres", mais où ils ont la possibilité effective de choisir leurs propres comportements quotidiens, y compris de refuser ce qui leur est habilement suggéré.

Agir consciemment. L'objectif n'est pas de diaboliser la manipulation, car elle est une composante inhérente aux interactions humaines. Il s'agit plutôt de la rendre visible. Pour les "honnêtes gens", cela signifie :

  • Se protéger : Éviter d'être la victime involontaire de stratégies d'influence.
  • Agir de manière éthique : Utiliser ces connaissances pour des causes nobles, en toute transparence, ou pour aider autrui à prendre des décisions éclairées.
  • Promouvoir le changement : Comprendre comment générer des comportements nouveaux et inattendus, dans le plaisir, pour une société plus dynamique.

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