Points clés
Enfance et les racines de la rébellion
Cette mésange, c’était peut-être ce que j’avais de bon en moi que je venais de tuer.
Une enfance marquée. Jacques Mesrine, né en 1936 à Paris, grandit dans un foyer modeste mais aimant. L'absence de son père, prisonnier de guerre en Allemagne, le plonge dans une solitude profonde, le forçant à mûrir prématurément. Ses premières expériences de la guerre, de l'exode et de la vie à la campagne le confrontent à la dureté du monde.
Fascination pour les armes. Dès son plus jeune âge, Mesrine développe une passion pour les armes, d'abord des jouets, puis une carabine. Un incident marquant, où il tue accidentellement une mésange, révèle une contradiction profonde : une sensibilité cachée derrière une façade de dureté. Cet événement le marque à jamais, le poussant à ne plus jamais tirer sur un oiseau.
Rejet de l'autorité. Son parcours scolaire est chaotique, marqué par l'indiscipline et les renvois. Il se sent incompris par ses parents, qui, bien qu'aimants, sont trop occupés pour lui offrir la "présence" qu'il désire. Cette frustration le pousse vers la rue, où il forge son caractère de "dur" et commence à rejeter les normes sociales.
L'Algérie : le creuset de la violence
J’appris à ne plus respecter la vie en contemplant de trop près la mort.
Le service militaire. À vingt ans, Mesrine s'engage dans l'armée en pleine guerre d'Algérie, y voyant un terrain d'action pour son goût du risque et de l'aventure. Il se porte volontaire pour les opérations de combat, se distinguant par son courage et son agressivité. Cette période le transforme profondément, le rendant insensible à la violence et à la mort.
Endurcissement psychologique. L'Algérie est pour lui une école de la souffrance où il apprend à devenir un homme, à surmonter la peur et à haïr ses ennemis. Il est témoin de tortures et d'exécutions, ce qui éteint en lui tout sentiment humain. Il développe une haine aveugle envers les Algériens, les considérant tous comme responsables de la mort de ses amis.
La remise en question. Un incident avec un enfant algérien, qui lui rappelle sa propre enfance, le pousse à libérer des prisonniers, réalisant que l'uniforme donne le droit légal de tuer sans sanction. Cette prise de conscience, bien que momentanée, souligne l'absurdité de la guerre et le rôle de la société dans la transformation des hommes en tueurs.
Le premier pas dans le crime organisé
Oui, à l’âge de vingt-trois ans, j’allais faire du crime une profession.
Le retour à la vie civile. Après l'Algérie, Mesrine peine à se réadapter. Il se sent étranger à la société, rejetant la monotonie du travail et les contraintes. Il est hanté par l'action et la violence, ramenant même une arme de guerre. Ses dettes de jeu et une dispute familiale le poussent à quitter le domicile parental, sans argent ni perspective.
Une société rejetée. Il observe la "médiocrité perpétuelle" des gens ordinaires, des "robots exploités et fichés". Il refuse cette vie réglée d'avance, aspirant à une liberté totale, sans contraintes de temps ou de morale. Il perçoit la société comme hypocrite, l'ayant utilisé comme "pion" pour une "fausse cause" en Algérie.
La décision irrévocable. Mesrine décide de s'attaquer à cette société qui l'a rejeté, de lui faire payer le prix de ce qu'elle a détruit en lui. Il embrasse le crime comme une profession, une vocation. Son premier cambriolage, avec Paul, est un succès, renforçant sa conviction que la vie hors-la-loi est sa véritable voie.
La prison : une école de la survie et de l'évasion
L’homme devient réellement dangereux s’il n’a plus peur des lois et de leurs conséquences.
Première incarcération. Arrêté après un hold-up raté, Mesrine découvre l'univers carcéral français. Il est confronté à l'humiliation des fouilles, à la solitude et à la monotonie des cellules. Loin de le briser, cette expérience renforce sa détermination à ne jamais se soumettre et à toujours chercher à s'évader.
Critique du système. Il dénonce l'inhumanité des prisons, qui, selon lui, ne visent qu'à détruire les hommes plutôt qu'à les réinsérer. Il observe l'exploitation des détenus, le manque de soins et l'absence de programmes de réhabilitation. Cette injustice alimente sa haine envers le système et justifie ses actions.
L'art de l'évasion. Mesrine développe une philosophie de l'évasion, considérant la prison comme un défi à surmonter. Il étudie les failles des systèmes de sécurité, planifie méticuleusement ses tentatives et n'hésite pas à prendre des risques extrêmes. Pour lui, s'évader est un acte de liberté et de défi à l'autorité.
Amours complexes et le prix de la liberté
Janou, c’est ma vie. Toi, tu n’en es qu’un passage.
Relations tumultueuses. Mesrine entretient des relations amoureuses intenses mais complexes. Son premier mariage avec Lydia est un échec, marqué par la jalousie et la violence. Sa relation avec Solédad, mère de sa fille Sabrina, est également mise à l'épreuve par son mode de vie criminel et sa possessivité.
La quête de la femme idéale. Il cherche une compagne qui accepte son mode de vie sans jugement. Janou, une ancienne prostituée, incarne cette femme. Elle est forte, loyale et complice, prête à partager son destin. Elle devient sa "femme de truand", celle qui comprend et soutient ses choix, même les plus extrêmes.
Le sacrifice de l'amour. Ses relations sont souvent sacrifiées au nom de sa liberté et de ses activités criminelles. Il quitte Sole et Joyce pour les protéger ou parce qu'elles ne peuvent s'adapter à sa vie. Il reconnaît l'amour de Janou, mais sa nature profonde de "fauve" l'empêche d'offrir une vie normale, acceptant la solitude comme le prix de sa liberté.
L'ennemi public numéro un : une philosophie de la confrontation
Je suis dangereux, fils, oui, très dangereux. Depuis que je te connais, je t’ai toujours vu aller jusqu’au bout de tout pour tes amis, pour tes amours.
Une identité forgée. Mesrine se construit une identité d'« ennemi public numéro un », non par vanité, mais par conviction. Il se voit comme un homme sincère, fidèle à ses principes et à ses amis, même si cela implique la violence et le meurtre. Il rejette l'hypocrisie de la société et de ses représentants.
La loi de la jungle. Il applique sa propre "loi de la jungle", où la survie dépend de la férocité, de la ruse et de la détermination. Il n'hésite pas à tuer pour défendre ses intérêts ou ceux de ses proches, considérant ces actes comme des règlements de comptes nécessaires dans son milieu. La pitié est une faiblesse qu'il ne peut se permettre.
La vengeance comme moteur. La vengeance est un puissant moteur pour Mesrine. Qu'il s'agisse de venger un ami, de punir une trahison ou de faire payer à la société ses injustices, il agit avec une froide détermination. Il ne regrette pas ses crimes, sauf peut-être la mésange de son enfance, car il estime que ses victimes ont "payé le prix".
L'art de l'évasion et la guerre contre le système
On ne s’évade pas d’un cimetière ; d’une prison, si.
Des évasions spectaculaires. Mesrine est un maître de l'évasion, planifiant chaque détail avec une précision chirurgicale. Il utilise la ruse, la violence et l'audace pour déjouer les systèmes de sécurité les plus sophistiqués, comme l'unité spéciale de correction (U.S.C.) au Canada ou le palais de justice de Compiègne en France.
La confrontation directe. Il n'hésite pas à affronter directement les forces de l'ordre, transformant chaque arrestation ou tentative d'évasion en une fusillade. Ces affrontements, souvent sanglants, sont pour lui une déclaration de guerre totale à la police et au système, renforçant sa légende d'homme "inintimidable".
Un défi permanent. Chaque évasion est un défi personnel, une preuve de sa liberté et de sa supériorité sur le système. Il ne craint ni la mort ni la prison à vie, considérant que la perte de sa liberté est la pire des condamnations. Ses actions visent à inspirer d'autres détenus et à dénoncer l'inhumanité des prisons.
Le code d'honneur du milieu et ses trahisons
Dans notre milieu, c’est le plus féroce, le plus rusé, le plus dur, qui a une chance de survivre.
Un code personnel. Mesrine adhère à un code d'honneur strict au sein du milieu criminel, valorisant la fidélité en amitié, la discrétion et la détermination. Il est loyal envers ses amis, prêt à tout risquer pour eux, et attend la même loyauté en retour. Ce code est sa boussole dans un monde sans foi ni loi.
La trahison, un crime impardonnable. La trahison est le pire des crimes pour Mesrine. Il ne pardonne jamais à ceux qui le trahissent, comme David, qu'il exécute froidement pour avoir tenté de le doubler. Ces actes de vengeance sont pour lui une nécessité, une façon de maintenir l'ordre et le respect dans son univers.
Les limites de l'amitié. Malgré son attachement à ses amis, Mesrine est conscient des limites de l'amitié dans le milieu. Il sait que la peur et l'intérêt personnel peuvent pousser les hommes à la lâcheté et à la délation. Il est souvent déçu par ceux en qui il a placé sa confiance, mais cela ne l'empêche pas de continuer à croire en la valeur des "vrais hommes".
Dernière mise à jour:
Avis
L'instinct de mort receives mostly positive reviews (4.3/5) for its riveting, unfiltered narrative of Jacques Mesrine's criminal life. Readers praise the fluid writing style and candid storytelling, finding it impossible to put down despite lacking traditional chapter structure. Many appreciate his critique of prison conditions and society's hypocrisy. However, some readers criticize Mesrine's racism, sexism, and violent ideology, noting he was a murderer regardless of his "code of honor." Several reviewers compare it favorably to gangster films, calling it a masterpiece of the crime memoir genre, while others find him deeply unsympathetic.
