Commencer l'essai gratuit
Searching...
SoBrief
Français
EnglishEnglish
EspañolSpanish
简体中文Chinese
FrançaisFrench
DeutschGerman
日本語Japanese
PortuguêsPortuguese
ItalianoItalian
한국어Korean
РусскийRussian
NederlandsDutch
العربيةArabic
PolskiPolish
हिन्दीHindi
Tiếng ViệtVietnamese
SvenskaSwedish
ΕλληνικάGreek
TürkçeTurkish
ไทยThai
ČeštinaCzech
RomânăRomanian
MagyarHungarian
УкраїнськаUkrainian
Bahasa IndonesiaIndonesian
DanskDanish
SuomiFinnish
БългарскиBulgarian
עבריתHebrew
NorskNorwegian
HrvatskiCroatian
CatalàCatalan
SlovenčinaSlovak
LietuviųLithuanian
SlovenščinaSlovenian
СрпскиSerbian
EestiEstonian
LatviešuLatvian
فارسیPersian
മലയാളംMalayalam
தமிழ்Tamil
اردوUrdu
Andromaque

Andromaque

par Jean Racine 1667 175 pages
3.70
10k+ évaluations
Écouter
Try Full Access for 3 Days
Unlock listening & more!
Continue

Plot Summary

Troyens vaincus, passions réveillées

Le passé troyen plane sur tout

Après la chute de Troie, Andromaque est prisonnière à Buthrote, veuve d'Hector et mère d'Astyanax. Le roi Pyrrhus, fils d'Achille, accueille à contrecœur la délégation grecque menée par Oreste, venu réclamer la vie de l'enfant du héros troyen. Dans l'ombre de la défaite, chaque identité est cicatrice, chaque relation blessure non refermée. Racine plante un décor de désolation où les dominés d'hier affrontent la violence des passions d'aujourd'hui. Les survivants de la tragédie antique expérimentent une autre forme de guerre : celle des cœurs, où le sort d'un enfant devient l'enjeu d'une lutte politique énigmatique entre vengeance et pitié. Dès les premiers échanges, la tension latente s'enracine, chaque protagoniste étant le porteur des souvenirs de leurs peuples détruits et de nouveaux désirs qui s'entredéchirent.

Quête d'amour désespérée

Les héros, prisonniers de leur désir

Oreste, figure de mélancolie, arrive en Épire, brûlant d'espoir pour Hermione, elle-même écartelée entre colère et amour pour Pyrrhus. Mais le roi d'Épire ne vit que pour la veuve d'Hector, ignorant la passion d'Hermione et la haine des Grecs. Pression politique et supplication amoureuse se relayent : Oreste incarne la voix d'un passé glorieux et d'un cœur tourmenté, incapable de tourner la page de ses sentiments. Hermione oscille, déchirée entre dignité, humiliation et frustration. Chacun échange des aveux et des menaces, la parole tenant lieu d'arène, où la sincérité devient arme ou défense. Dans cette atmosphère fiévreuse, l'amour n'est qu'une souffrance supplémentaire, liée au deuil de Troie et à la fragilité de toute certitude.

Chantage et choix impossibles

Le sort d'un enfant, pivot des pouvoirs

Pyrrhus refuse de livrer Astyanax malgré les ordres grecs, mais pose à Andromaque des conditions insoutenables : céder à son amour ou voir mourir son fils. Ce chantage met à nu la brutalité sourde de la passion racinienne, où la pitié cède la place à la volonté d'asservir ou de sauver à tout prix. Les alliances basculent : Hermione se sent trahie, Oreste songe à enlever sa bien-aimée, et Andromaque, encerclée par l'adversité, doit choisir entre son honneur et la vie de son fils. L'équilibre précaire entre raison d'État et élans du cœur révèle une humanité profondément ambivalente, où le destin collectif se noue dans les silences et les regards.

Chaîne amoureuse, chaîne fatale

Un cercle infernal de désirs contrariés

La structure de la pièce met à jour une chaîne amoureuse qui piège tous les protagonistes : Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui demeure fidèle à un Hector disparu. Chacun poursuit un mirage, nourrissant jalousie, humiliation et violence. Ce désordre amoureux n'est ni paisible ni rédempteur ; il exacerbe la solitude, l'incompréhension, et la volonté de posséder contre la peur de la perte. Le drame se mue en mécanique implacable et dérisoire, où chaque acte d'amour se transforme en geste de haine, et où la frustration devient déclencheur de catastrophes en chaîne.

Hermione, orgueil et jalousie

Le cœur d'une reine humiliée

Hermione, promise à Pyrrhus et rejetée, sombre dans une oscillation douloureuse entre espoir de reconquête et désir de vengeance. Ses échanges avec sa confidente Cléone témoignent d'une fierté blessée, d'une passion irrépressible, mais aussi d'un refoulé d'orgueil. Les inflexions de sa voix, ses silences, sa capacité à se persuader d'un sentiment puis de son contraire, expriment la constante inconstance du personnage — une humaine trop humaine, dont le projet de vengeance contre Pyrrhus est aussi un acte de désespoir face à l'amour refusé.

Pyrrhus entre deux feux

Le roi déchiré par la passion et le pouvoir

Pyrrhus oscille entre son devoir politique, son alliance promise à Hermione et sa passion dévastatrice pour Andromaque. Il se montre tour à tour barbare et chevaleresque, cruel dans son chantage, mais sincère dans son trouble. À travers lui, Racine creuse le paradoxe tragique d'un héros antique envahi par les affects modernes. Sa tentative d'échapper à la tutelle grecque révèle un homme voué à la solitude de ses contradictions, prêt à défier le monde pour assouvir des pulsions qu'il ne maîtrise pas, fût-ce au mépris de la dignité royale.

Astyanax, enjeu suprême

L'enfant, miroir de la survie et du sacrifice

Astyanax, silencieux au cœur de ce tumulte, incarne l'ultime espoir des vaincus et l'objet du chantage des vainqueurs. Pour Andromaque, il cristallise à la fois la mémoire d'Hector et la raison de survivre. Pour Pyrrhus et les Grecs, il est une menace à éliminer ou à garder — non un enfant, mais un symbole instable de pouvoir. Toute la pièce pivote autour de son destin : sauver Astyanax implique d'affronter tous les tabous, quitte à pactiser avec le bourreau ou à sacrifier ce qu'on a de plus cher. Le sort de l'enfant mesure la hauteur tragique du dilemme et la vulnérabilité de la grandeur antique.

Affrontements et ultimatums

Les tensions deviennent confrontations fatales

Les personnages se retrouvent face à eux-mêmes et à autrui. Pyrrhus presse Andromaque de prononcer son choix ; Hermione, désespérée, confie à Oreste la mort de Pyrrhus comme unique geste susceptible de la satisfaire. Les ultimatums tombent : il faudra régner ou mourir, aimer ou condamner, tuer ou être perdu. Une cascade de décisions impossibles s'enchaîne ; la passion se fige en volonté meurtrière, et la logique implacable de la tragédie pousse chacun vers l'abîme. Ici, la lutte pour l'amour s'achève dans la violence, la parole devient glaive, personne ne peut plus reculer.

Dilemmes et résolutions

Chacun face à son destin, dans l'urgence

Andromaque, déchirée, accepte d'épouser Pyrrhus pour sauver son fils, tout en projetant de se tuer après les noces, sacrifiant sa fidélité conjugale à une fidélité maternelle supérieure. Oreste, en proie à une tension croissante, se résout, sous la pression d'Hermione, à devenir l'instrument du meurtre. Hermione, ivre de rage et d'humiliation, se jette dans la vengeance comme dans le suicide symbolique de son amour-propre. Les choix, chacun inhumain, deviennent alors des sacrifices totaux, des renoncements qui ne laissent aucun vainqueur.

Faux espoirs, vrais sacrifices

L'apparence du salut, la réalité du désastre

Les préparatifs du mariage laissent entrevoir, un instant, la possibilité illusoire d'une réconciliation générale, d'un compromis entre passions et devoirs. Mais c'est une brève parenthèse : la fausse paix prépare la vraie catastrophe. En acceptant le mariage, Andromaque prend sur elle le fardeau de toutes les haines, Pyrrhus s'empêtre plus avant dans le piège, et Hermione s'enfonce dans le piège de sa propre violence. Chacun avance masqué, trompe les autres et soi-même, jusqu'à ce que la mascarade se brise dans le sang.

Cœur brisé, décision mortelle

Le passage au point de non-retour

Alors que Pyrrhus proclame son union avec Andromaque, le ressentiment des Grecs explose. Hermione renie le geste même qu'elle a commandé, se sentant trahie par Oreste et lamentablement défaite. Pyrrhus, au comble de la solitude, meurt assassiné à l'autel. L'action devient exclusivement intérieure : monologues, cris, fureurs, dans un crescendo d'angoisse où tout retour en arrière est impossible. La mort, désormais, n'est plus un fruit du destin, mais l'enfant monstrueux des passions livrées à elles-mêmes.

Le sang appelle vengeance

Le mécanisme de la riposte tragique

La mort de Pyrrhus, loin de calmer les esprits, exacerbe la fureur : Hermione, effondrée par la disparition de celui qu'elle voulait voir mourir, se retourne contre Oreste, l'abandonnant au vide et à la folie. Andromaque, fidèle à son univers de deuil, assume un rôle de reine endeuillée et ordonne de venger celui qui fut son persécuteur. La pièce bascule dans un bal d'accusations, de dénégations, et de malédictions, chaque victime devenant à son tour bourreau. La tragédie atteint son paroxysme dans la confusion totale des rôles et des motifs.

Hécatombe au temple

Une cérémonie funeste scelle les destins

L'ultime scène se situe dans le temple, espace qui abrite le crime et la vengeance. Tout s'y précipite : les Grecs tuent Pyrrhus, Oreste tente de fuir avec Hermione qui se rebelle, Andromaque devient à la fois héritière et veuve d'un nouveau trône sanglant. Le lieu sacré est profané ; à la lumière des torches et des cris, l'histoire bascule dans l'irrémédiable. La chaîne des pertes et des trahisons se referme, condamnant tous les survivants au deuil ou à la damnation intérieure, alors que l'ordre ancien disparaît dans le tumulte sacrilège.

Folie, remords et abîmes

Oreste, ultime victime de la passion

Resté seul, Oreste sombre dans la démence qu'il a tant redoutée. Lucifer d'une passion destructrice, il se débat entre visions sanglantes, fantômes d'Hermione et d'Hector, Érinyes de sa propre conscience. Son délire exprime la vérité d'un monde où tout acte, même voulu, échappe à la maîtrise, et où la liberté tragique consiste à souffrir la conséquence de ses propres choix. La folie, chez Racine, est la surenchère du désespoir — non plus punition des dieux, mais naufrage de la raison incendiée par l'excès des passions.

Larmes, deuils et renoncements

Le rideau tombe sur l'anéantissement de tous

Dans la désolation du palais, seules persistent les larmes et les prières, funérailles pour un passé révolu. Andromaque, désormais reine, n'envisage son pouvoir que comme fidélité au deuil et au sacrifice. Tous les protagonistes — morts, fous ou brisés — laissent à l'Histoire une leçon amère : la grandeur ne survit qu'à travers le renoncement et la perte de soi. Racine clôt sa tragédie sur l'abîme laissé par l'échec d'un monde, une humanité dévorée par des passions que nul, pas même des rois, ne peut maîtriser.

Analysis

Un miroir des passions modernes, sous masque antique

« Andromaque » de Racine, loin d'être une simple relecture de l'antiquité, est une tragédie de l'après-coup, de la guerre intérieure, où le monde antique devient le laboratoire des passions contemporaines. Ce drame expose la naissance du sujet moderne : à l'heure où la politique s'incline devant le tumulte émotionnel, où la volonté souveraine décline sous l'assaut des affects, chacun se débat entre fidélités impossibles, désirs irrémédiables et choix suicidaires. Racine sculpte une humanité désaccordée, révélant l'équivalence de l'amour et de la haine, de la tendresse et de la violence, du sacrifice et de la folie. La modernité de la pièce éclate dans sa psychologie : aucune passion n'épargne, tout idéal cache une pulsion destructrice. La tragédie ne sauve ni ne morigène : elle met au jour le gouffre entre ce qui pourrait être (l'héroïsme, la pureté, l'unité intérieure) et ce qui est (l'impuissance, l'ambivalence, la division). Par la rigueur de sa construction, la limpidité de son style, Racine rappelle enfin que nul ne peut échapper à la condition humaine : aimer, c'est s'exposer à perdre, et c'est cette perte qui nous constitue et nous hante.

Dernière mise à jour:

Report Issue

Avis

3.70 sur 5
Moyenne de 10k+ évaluations de Goodreads et Amazon.
Your rating:
4.67
2 évaluations
Want to read the full book?

Characters

Andromaque

La fidélité sublime de la douleur

Veuve d'Hector, captive et mère d'Astyanax, Andromaque incarne la souffrance digne, l'attachement au passé, et un code d'honneur inscrit dans la chair du deuil. Orpheline de son monde, elle protège son fils envers et contre tous, oscillant entre fatalisme et révolte, utilisant la ruse sans jamais rompre les serments du cœur. Son refus farouche d'aimer Pyrrhus, la force de son sacrifice (épouser le bourreau pour sauver l'enfant), font d'elle le pôle tragique du récit, où la tendresse maternelle se hisse au rang de sublime. Psychanalytiquement, Andromaque porte le poids d'un amour impossible, ne pouvant aimer ni oublier, et sa décision de survivre est toujours un arrachement à elle-même — à cheval entre la suppliante et la reine.

Pyrrhus

L'épreuve du désir et du pouvoir

Fils d'Achille, roi déchiré, Pyrrhus est l'exemple tragique du souverain dont la passion submerge la raison d'État. Prêt à récuser l'alliance avec Hermione, à affronter les Grecs, il fait du caprice un destin collectif. Sa brutalité se nuance d'accents sincères, tantôt noble tantôt odieux, toujours ballotté entre colère et supplication. Son chantage envers Andromaque trahit l'incapacité moderne à distinguer aimer et posséder ; Pyrrhus oscille entre sadisme amoureux et naïveté sacrificielle. Son incapacité à choisir, à stabiliser son désir, aboutit à sa perte — assassiné moins pour sa tyrannie que pour cette vulnérabilité qu'il n'a jamais su masquer.

Hermione

L'orgueil blessé, la vengeance amoureuse

Fille d'Hélène, promise à Pyrrhus, Hermione incarne la jalousie royale, la passion absolue, l'altération de soi par le besoin d'être aimée. Elle passe d'une dignité glacée à une fureur destructrice, déchirée par la frustration et le sentiment d'avoir été déshonorée. Sa demande de meurtre à Oreste n'est que le prolongement de son amour impuissant ; elle finit par se détruire elle-même, figure de l'aliénation tragique. Psychologiquement, Hermione est l'archétype de l'individu dont l'identité dépend du regard de l'autre, dont la haine n'est que la face obscure d'un désir inassouvi, et dont la fin illustre la spirale douloureuse du narcissisme blessé.

Oreste

L'amoureux mélancolique condamné à la folie

Fils d'Agamemnon, ambassadeur des Grecs, Oreste est pris au piège d'un amour obsessionnel pour Hermione, devenue inaccessible. Sa mission politique n'est qu'un prétexte au service de sa souffrance intime ; toutes ses initiatives échouent ou s'inversent. La folie finale d'Oreste, poursuivi par le remords et les visions d'Hermione et d'Hector, symbolise la faillite de la volonté humaine face aux passions. Sa psychologie est hantée par la fatalité, le dédoublement, l'oscillation entre scrupule et impulsion criminelle – le tout nourri par un sentiment d'impuissance, d'injustice et de solitude, figé dans une plainte éternelle, au seuil du néant.

Astyanax

L'innocence sacrifiée, symbole du devenir

Fils d'Andromaque et d'Hector, Astyanax n'a pas de voix, mais son destin dicte toute la tragédie. Il représente la mémoire de Troie, l'avenir impossible, et chaque choix posé par les adultes n'est qu'un détour pour préserver son existence ou accélérer sa chute. Astyanax cristallise le piège tragique de l'après-guerre : la violence, même motivée par l'amour, finit toujours par exiger un innocent. Objet de marchandage, il incarne la vulnérabilité humaine quand les passions des puissants déterminent le sort des faibles.

Cléone

Le miroir fidèle du tumulte d'Hermione

Confidente d'Hermione, Cléone est la voix du bon sens et de la compassion, spectatrice impuissante d'une catastrophe annoncée. Sa présence est le double réflexif de la protagoniste : elle tente d'apaiser, de raisonner, de retenir l'élan vers la vengeance, mais demeure témoin silencieuse de l'autodestruction de sa maîtresse. Psychoaffectivement, Cléone exprime la lucidité et la modestie effrayées devant l'ampleur de la passion aristocratique.

Céphise

La complice apaisante d'Andromaque

Céphise est le relai entre Andromaque et la réalité, gardienne du secret, protectrice de l'enfant et boîte de résonance du désespoir de sa maîtresse. Elle incarne la fidélité discrète, la solidarité féminine, la capacité de compassion qui traverse la pièce comme une lueur fragile. Sur le plan psychologique, Céphise est la conscience compatissante, l'intuition, l'altruisme muet qui contrebalance les logiques de pouvoir et de destruction.

Pylade

L'ombre fidèle, pivôt du drame d'Oreste

Ami dévoué d'Oreste, Pylade n'est pas seulement un confident : il est la dernière ancre d'Oreste dans la raison, l'amitié, et le monde réel. Sa loyauté, son humanité modérée s'opposent à la fureur dévorante de son ami. En refusant de l'abandonner, il souligne le tragique du héros voué à l'égarement, et rappelle qu'au-delà du destin individuel, il existe encore la possibilité de la générosité silencieuse.

Phœnix

Le témoin lucide, ancien du monde d'Achille

Gouverneur, conseiller, Phœnix est la voix de la tradition et du pragmatisme, essayant sans succès de ramener Pyrrhus vers la modération. Il symbolise ce qui reste de l'éthique antique, du sens du devoir, dans un univers désormais submergé par le chaos affectif. Phœnix est le spectateur frustré des dérèglements de la passion, portant la nostalgie d'un âge où le politique primait sur l'intime.

Les Grecs (collectif)

Agents de la revanche, fossoyeurs de la clémence

Présents en coulisse, les Grecs exercent la pression qui enclenche la tragédie – ils sont le rappel permanent de la violence des guerres anciennes, de la mémoire des pertes, de la peur du retour à l'instabilité. En instaurant l'ultimatum sur Astyanax et en exécutant Pyrrhus, ils soulignent que la tragédie individuelle n'est jamais dissociée des haines collectives, que la paix elle-même n'est souvent que la continuation de la guerre par d'autres moyens.

Plot Devices

Chaîne amoureuse et cercle tragique

Un enchaînement de désirs inassouvis gravite autour d'un manque originel

Racine construit son intrigue autour de la chaîne amoureuse (OresteHermionePyrrhusAndromaque → Hector), véritable moteur des passions, dont la circularité empêche toute résolution. Personne n'aime la bonne personne, et l'aspiration à combler la perte d'un autre grandit toujours dans le vide laissé par l'amour impossible. Cette mécanique agit comme une fatalité interne, rendant chaque personnage à la fois agent et victime de la tragédie, suspendu entre espoir, violence et frustration croissante.

Chantage, dilemme et fureur

Les choix impossibles comme ressorts tragiques

L'art de Racine, c'est de pousser tous les protagonistes dans des impasses où chaque décision équivaut à une perte. Epouser Pyrrhus ou perdre son fils, venger l'honneur ou sombrer dans le crime, aimer ou détruire – chaque nœud dramatique repose sur le chantage, le dilemme sans issue, l'incapacité à réconcilier éthique, passion et devoir. La fureur qui en résulte n'est pas une folie venue d'ailleurs : elle émerge de l'intériorisation du conflit, du déchirement d'une volonté humaine face à son impuissance.

Structure en tension et miroir

Alternance des scènes, retour des motifs et des symboles

Racine agence alternances, échos, et scènes en miroir pour marquer la répétition circulaire des situations : même dilemme relancé sous une forme différente, mêmes mots dits par d'autres voix, passages de l'espoir à l'effondrement. Le récit avance par surenchère tragique : ce qui pouvait encore être dialogue devient cri, la compassion de façade se mue en haine, l'autorité en abandon, jusqu'à ce que se produise un basculement irrémédiable. L'usage raffiné du monologue ou des confidences intensifie la subjectivité, permettant de rendre palpable la lutte intérieure de chaque être.

Symbolisme du tombeau et du temple

Lieux de mort, de mémoire, de transgression

Le tombeau d'Hector, le temple du mariage, sont plus que des décors : ils sont la matérialisation des frontière entre fidélité et trahison, espoir et renoncement, sacré et profane. Dans le temple, tous les repères s'effondrent : le crime y devient cérémonie, et c'est dans ce creuset du sacré profané que se joue la suprême transgression. La mémoire d'Hector, la tombe comme repère inamovible, empêche tout dépassement du passé ; le présent n'avance qu'en répétant le désastre ancien, condamnant chacun à vivre dans l'ombre du deuil.

Ironie, foreshadowing et illusion

Les personnages, victimes de leurs illusions, préparent sans le savoir leur propre perte

Les passions déforment la lecture du réel, chaque héros prêtant aux autres des intentions qu'ils n'ont pas, nourrissant leurs propres espoirs ou leur paranoïa. Ainsi Pyrrhus croit séduire, Hermione se persuade d'être conquise, Oreste s'imagine aimé. Le spectateur, mieux informé, voit dans ces illusions le ferment de la catastrophe. L'ironie tragique tient à cette distance : tout a été annoncé, mais nul ne peut l'éviter, chacun œuvrant malgré soi à sa propre perte.

À propos de l'auteur

Jean Baptiste Racine was a renowned 17th-century French playwright, considered one of the "big three" alongside Molière and Pierre Corneille. Orphaned by age four, he was raised by his grandmother at the convent of Port-Royal, where he received a classical education deeply influenced by Jansenism. This background shaped his tragédies, including Britannicus (1669) and Phèdre (1677), which drew on Greek and Roman themes. His dramaturgy is distinguished by psychological insight, passionate characters, and stripped-down plots. Though primarily a tragedian, he wrote one comedy. He died of liver cancer and was buried at Saint-Étienne-du-Mont in Paris.

Follow
Listen
Now playing
Andromaque
0:00
-0:00
Now playing
Andromaque
0:00
-0:00
1x
Queue
Home
Swipe
Library
Get App
Create a free account to unlock:
Recommendations: Personalized for you
Requests: Request new book summaries
Bookmarks: Save your favorite books
History: Revisit books later
Ratings: Rate books & see your ratings
600,000+ readers
Try Full Access for 3 Days
Listen, bookmark, and more
Compare Features Free Pro
📖 Read Summaries
Read unlimited summaries. Free users get 3 per month
🎧 Listen to Summaries
Listen to unlimited summaries in 40 languages
❤️ Unlimited Bookmarks
Free users are limited to 4
📜 Unlimited History
Free users are limited to 4
📥 Unlimited Downloads
Free users are limited to 1
Risk-Free Timeline
Today: Get Instant Access
Listen to full summaries of 26,000+ books. That's 12,000+ hours of audio!
Day 2: Trial Reminder
We'll send you a notification that your trial is ending soon.
Day 3: Your subscription begins
You'll be charged on May 24,
cancel anytime before.
Consume 2.8× More Books
2.8× more books Listening Reading
Our users love us
600,000+ readers
Trustpilot Rating
TrustPilot
4.6 Excellent
This site is a total game-changer. I've been flying through book summaries like never before. Highly, highly recommend.
— Dave G
Worth my money and time, and really well made. I've never seen this quality of summaries on other websites. Very helpful!
— Em
Highly recommended!! Fantastic service. Perfect for those that want a little more than a teaser but not all the intricate details of a full audio book.
— Greg M
Save 62%
Yearly
$119.88 $44.99/year/yr
$3.75/mo
Monthly
$9.99/mo
Start a 3-Day Free Trial
3 days free, then $44.99/year. Cancel anytime.
Unlock a world of fiction & nonfiction books
26,000+ books for the price of 2 books
Read any book in 10 minutes
Discover new books like Tinder
Request any book if it's not summarized
Read more books than anyone you know
#1 app for book lovers
Lifelike & immersive summaries
30-day money-back guarantee
Download summaries in EPUBs or PDFs
Cancel anytime in a few clicks
Scanner
Find a barcode to scan

We have a special gift for you
Open
38% OFF
DISCOUNT FOR YOU
$79.99
$49.99/year
only $4.16 per month
Continue
2 taps to start, super easy to cancel
Settings
General
Widget
Loading...
We have a special gift for you
Open
38% OFF
DISCOUNT FOR YOU
$79.99
$49.99/year
only $4.16 per month
Continue
2 taps to start, super easy to cancel